Le Globe-lecteur – 17 novembre 2012

LE GLOBE-LECTEUR
"Livres en tête" à la tête avec Bernard Pivot

Le festival Livres en tête, consacré à la lecture à haute voix, était organisé du 14 au 17 novembre à Paris par le collectif Les Livreurs. Pour sa quatrième édition, la promotion de la littérature sonore s’est concrétisée par une série de soirées thématiques, abordant entre autres l’enfance, le polar ou encore le libertinage. Le collectif de lecteurs « Les Livreurs » a réalisé de nombreuses performances, sous l’oeil de Bernard Pivot, président du festival. A l’occasion de la « dégustation sonore » sur le thème du vêtement qui a eu lieu à l’Institut Français de la Mode, le célèbre critique littéraire s’est confié au Globe Lecteur avant de se rendre au Bal libertin en présence de Katsuni (l’actrice X ayant été invitée à remettre le prix Livres en tête 2012 de la nouvelle érotique).

Pour quelles raisons avez-vous accepté de présider le festival ?

On me l’a proposé au printemps dernier, et je n’avais alors pas réalisé que j’aurais un grand nombre d’engagements à tenir au mois de novembre (Bernard Pivot est membre de l’Académie Goncourt et fondateur du Comité de défense du beaujolais, NDLR). Ceci dit, je ne regrette absolument pas, la première soirée sur le thème de l’enfance ayant été très agréable ! Le Bal à la Page promet également de belles surprises.

Cette soirée propose d’ailleurs des lectures libertines. Qu’apportent-elles au lecteur contemporain ?

Les auteurs du XVIIIe siècle ont une écriture admirable. La soirée permettra de redécouvrir des mots charmants et malheureusement devenus désuets, tels que le mot "déduit"...Connaissez-vous l’expression "être bon au déduit", qui signifie "être bon au lit" ? C'est tout la sensualité d’une époque qui transparait dans la littérature libertine.

Pour en revenir à l’objet même du festival "Livres en tête", que pensez-vous de la littérature sonore ?

La lecture à voix haute est assez nouvelle en France. En revanche, elle existe depuis longtemps en Allemagne. Il s’agit d’appréhender la littérature d’une manière différente, un exercice que l’on peut tant pratiquer dans le cadre de lectures publiques que dans la sphère privée, en voiture sur la route des vacances par exemple... Flaubert, qui pratiquait la lecture de ses textes à haute voix, serait ravi aujourd’hui d’entendre les grands comédiens lire son oeuvre.

Sébastien Lévrier