Vendredi 2 mars 2018

Les femmes programment une grève du sexe ce 8 mars !

Lysistrata est la première féministe de la littérature occidentale. Révoltée par le comportement des hommes d’Athènes – et ceux de Sparte –, qui sont partis en guerre, elle va fédérer toutes les femmes de la cité grecque et des villes alentour. Et décréter une grève du sexe, tant que les hommes ne cesseront pas de se battre. Futée, Lysistrata, très futée.

Certes, c’est la question du désir et du contrôle que toute la pièce finit par poser, non sans égratigner gentiment le machisme athénien ambiant. « Il n’est pas possible de vivre avec ces pestes ; il n’est pas non plus possible de vivre sans ces pestes », fait dire Aristophane.

Mais après tout, ces dernières parviennent à mettre un terme au conflit, de si belle manière : « Eh bien, puisque vous avez fait les uns pour les autres tant et de si belles choses, pourquoi guerroyez-vous, et ne cessez-vous pas de vous faire du mal ? Pourquoi ne vous réconciliez-vous pas ? Voyons, qui l’empêche ? »

La pièce d’Aristophane a dû faire rire jaune en son temps, et aujourd’hui encore, ne manque pas d’acidité. Figures d’Amazones modernes, Lysistrata et ses camarades de boycott par le sexe n’ont certainement pas manqué d’édifier la population venue assister à la représentation. Fort bien.

À l’occasion de la Journée internationale des Droits des Femmes, Les Livreurs — maison de production d’événements littéraires — dépoussièrent Lysistrata d’Aristophane sous forme de Solo Théâtre.

Le Solo-Théâtre, qu’est ce que c’est ? Un interprète fait entendre une pièce de théâtre en une heure. Ni décor ni accessoire et pourtant tout y est : intensité des émotions, virtuosité des caractères, humour du verbe. Peu à peu, l’artiste s’efface au profit des personnages, surgis d’une interprétation juste et rythmée. La pièce sera jouée à l’Hôtel littéraire Le Swann à 20 h, pour un tarif de 6 euros en ligne et 8 euros sur place.

Cécile Mazin