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LE JOURNAL DU CENTRE

Lire à voix haute,
c'est tout un art
à Monceaux-le-Comte

30/07/2020
Des stages de lecture à voix haute et de Solo Théâtre sont organisés dans le cadre du festival Les Heures Festives, qui se déroulera du 31 juillet au 15 août à Monceaux-le-Comte. Le premier a eu lieu du 25 au 26 juillet dernier. Immersion.

« Le petit chat est mort ». Ces mots raisonnent lorsqu’on passe le portillon du jardin de l’ancien presbytère de Monceaux-le-Comte. D’une voix grave et sérieuse ou plutôt d’une voix mélancolique et triste : c’est aux participants de décider de son interprétation.

Redécouvrir la lecture
Ils sont dix à s’être inscrits à ce stage de lecture à voix haute organisé par l'association Les Livreurs dans le cadre du festival Les Heures Festives à Monceaux-le-Comte. Cinq hommes et cinq femmes de tous âges et de toute provenance. Certains sont déjà familiers avec le théâtre, d’autres pas du tout.

Pour les aider et les conseiller, Claire, interprète et membre du collectif Les Livreurs depuis une quinzaine d’années. Elle explique : « Il ne faut pas confondre lecture à voix haute et théâtre. On ne joue pas une pièce par cœur, on garde le texte. Dit comme ça, cela paraît simple de juste lire un texte. Mais lorsqu’on commence, on se rend compte des difficultés. On bafouille, on se laisse submerger par ses émotions. Mais cela ne dure pas. »

Un exercice qui est donc plus compliqué qu’il ne le semble, mais qui n’a pas pour autant découragé les participants : « Samedi matin (25 juillet, NDLR), aucune des dix personnes présentes ne se connaissait. On a découvert des profils tous différents les uns des autres. Dès la première demi-journée, j’ai déjà vu du progrès. Chacun s’est senti plus à l’aise. J’adore ce genre de stage car on voit les gens se révéler au fur et à mesure », rapporte Claire. « Nous-mêmes, en tant que formateurs, on a nos propres préjugés et nos propres façons de lire. Mais on n’impose rien car l’interprétation est propre à chacun. Il y a l’outil vocal, le corps, même s’il reste assez neutre, la physionomie… Chacun imagine les personnages et les scènes différemment. Pour un même texte il y a tant d’interprétations possibles. »
Le festival Les Heures Festives débute le 31 juillet.
Parmi les participants, se trouve Romain, 29 ans et originaire de Paris, qui a pris goût à la lecture à voix haute depuis le confinement. « Pendant le confinement, on s’envoyait des audios de lectures entre amis sur WhatsApp. Ça m’a plu. J’ai donc cherché des formations sur internet, et je suis tombé sur ce stage ». Un stage qui a par ailleurs répondu à ses attentes : « La lecture à voix haute demande sacrément d’aisance. Il faut penser à parler fort même si on n’a pas l’habitude, faire attention à sa posture… Le format d’exercices courts proposé permet de travailler sur tous ces petits détails. On voit les erreurs et les qualités des autres, c’est très instructif. »

Quelques chaises plus loin, se trouve Juliane, 58 ans tout droit venue de Perpignan. Musicienne et férue de théâtre, elle écrit aussi des contes pour enfants. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle a choisi d’assister au stage : « Après avoir monté des représentations de mes contes sur scènes avec des acteurs, j’ai eu envie de proposer des lectures dans les écoles. J’ai entendu parler de l’association sur internet. Je ne suis pas déçue. On a beaucoup travaillé sur le corps, la mise en condition… Comment interpréter plusieurs personnages avec une seule voix. Ce stage est un vrai plaisir pour moi, je me régale. »
Dans le groupe, il y a beaucoup de bienveillance. On échange nos critiques après chaque exercice. Et la formatrice est très disponible.
Également adepte de théâtre, Sandra, 45 ans, pratique la discipline depuis quinze ans. La Parisienne a découvert l’association Les Livreurs lors d’une représentation dans la capitale. « J’adore raconter des histoires et lire à voix haute. Je recherchais depuis déjà quelque temps une association de lecture audio et j’ai découvert Les Livreurs. Lorsque j’ai reçu un mail m’informant du stage, je me suis inscrite. J’étais disponible et c’était aussi pour moi l’occasion de découvrir la Bourgogne. »

Contrairement à ce qu’elle pensait, ses aptitudes théâtrales ne l’ont pas forcément avantagée. « Au départ, j’avais tendance à reprendre mes habitudes de théâtre. Mais la méthodologie est complètement différente. Dans le groupe, il y a beaucoup de bienveillance. On échange nos critiques après chaque exercice. Et la formatrice est très disponible. Je n’en retiens que du positif. Si je le peux, je poursuivrais cette activité sur Paris avec plaisir », conclut la quadragénaire. 

Alexandra TASIC